Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 21:51

C’était long. Je remercie Delphine d’avoir renouée le lien avec moi.

Beaucoup de chose. Trop de chose pour raconter tout d’un coup. En somme. J’ai été avec Simon. Je ne suis plus avec.

Nous dirons que ses devoirs de père l’ont rappelé. J’ai eu du mal à l’avaler. Faut dire qu’il m’a bien baisé, et bien blessé.

Hugo réapparait régulièrement. Beaucoup plus calme dans ma vie. J’ai l’impression qu’il a mûri.

Il est devenu un ami, aussi bien de discutions que de nuit. Je crois que j’aurais toujours du mal à lui résister. Lui, il me glisse toujours dans le creux de l’oreille quand il est contre moi qu’il m’aime, à sa manière : « je t’aime connard ».

 

Pourquoi une si longue absence ? Il paraît que je fais une dépression.

 

Puis je n’avais plus internet. Un déménagement m’a fait du bien au final. Je suis toujours à Paris, à 3 rues d’avant.

 

Voilà.

 

Le boulot, j’ai changé de poste, pour plus calme. Besoin de me retrouver.

 

Et Delphine, elle va mieux, et ne veux plus qu’on se perde de vue.

 

Bref nouvelle année, nouveau Lionel ! Mais toujours aussi maladroit :)

 

Ma résolution : accepter que je suis faillible, faible par moment. Et s’exprimer est nécessaire.

 

Pardon Jj d’avoir été long. Espère que ça va.

 

Lionel

Par SoLivingRoom - Publié dans : Journal de bord - Communauté : Journaux (presque) Intimes des LGBT
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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 13:57

Voilà, les jours passent et ça se complique. Comment pouvait il en être autrement de toute manière je commence à être habitué.

 

A la vue de la soirée avec Simon je me tends. Je me dis que je psycotte. Qu’il faut que j’arrête de voir en ses sourires quelques choses d’autre que de l’amitié. Au boulot je le croise que peu, heureusement on est pas dans les mêmes lieux.

 

Quand je rentre maintenant chez moi je reprends un tas de lecture pour me passer le temps et je me concentre sur la bouffe. Histoire de ne pas devenir dingue. Je continue de me sentir un peu seul. Le pire je crois que c’est Romu. Il commence sévèrement à me manquer. Je regrette vraiment tout ça. Et après ce que m’a dit Hélène je n’ai pas le courage de reprendre le contact. En plus j’ai dans la tête nos derniers actes au lieu de l’image de nos soirées à refaire le monde.

En tout cas maintenant je sais faire un bœuf bourguignon.

 

Mercredi qui suivi le jour férié,

 

Un sms d’Olivier me demande de confirmer notre soirée, je confirme. En validant l’envoi du message mon cerveau se réveille et se demande pourquoi je suis inquiet.

Je crois que je me refuse de le regarder comme il est collègue et père de famille. Donc … oui. Je dois l’admettre il me plait bien plus que je ne l’écris. Je n’arrête pas de le voir me sourire.

 

Je rentre tranquillement, l’idée de me détendre. C’est vraiment un plaisir d’être seul pour un truc : le silence. Le silence me fait plaisir. Une fois dans les draps certains soirs, je tourne les pages de mon bouquin en sentant presque le grain du papier se retenir entre les pages à chaque balayage.

 

Le vibreur du téléphone se fait sentir dans ma poche.

 

« Je sais pas si t’es chez toi, je suis devant ta porte »

 

C’est Hugo. Mon cœur se serre à l’idée de Simon qui arrive. Il n’arrive pas avancer. J’envois un sms directement à Simon pour annuler la soirée suite imprévu. Il téléphone aussitôt.

 

« Ya un gros souci ? »

« C’est mon ex, il est devant chez moi, désolé »

« Il veut revenir ? »

« Non, on a rompu en attendant je suis coincé »

« Ok, on remet ça à demain si tu veux ? »

« Ok ! Merci »

 

Je monte l’escalier et j’entends la voix d’Hugo.

 

« Cool tu es là »

 

Il est incroyablement beau. Il me fixe.

 

« Salut »

« Salut »

« Je … »

« Tu veux un verre ? »

« Ouai avec plaisir »

 

On s’installe au salon, je lui donne son verre en main. Il tremble légèrement, il est troublé.

 

« Tu n’es pas trop crevé ? »

« Non ça va, ca te dit un plat surgelé ? Hachi parmentier ?»

« Oui »

« Ca va Hugo ? »

« Oui … non en fait »

« Moi ? »

« Oui »

« Hugo, va falloir avancé bonhomme »

 

Il me fixe

 

« Je t’aime »

« C’est fini Hugo »

« Je sais »

 

Il éclate en sanglots au point où son nez se met à couler d’un coup. Je me sens piqué. Je le serre par les épaules.

 

« Pleure pas mec »

« J’y arrive pas, j’y arrive pas sans toi »

« Arrête, tu vas pas fort en ce moment et tu penses que c’est moi »

« Non c’est toi »

« Arrête de pleurer j’ai pas l’habitude avec toi »

« Tu es le seul mec qui sait prendre soin de moi, je veux plus des autres »

« Arrête dis pas n’importe quoi »

 

Il tremble de plus en plus, je le tiens par les épaules. Je commence à comprendre qu’il y a un truc, il n’est pas normal, ce n’est pas son style.

 

« Hugo qu’est ce que t’as ? »

« Lionel … »

 

Il détourne son regard.

 

« Hugo !! Respire, je suis là »

« Je sais »

« Qu’est qu’il y a bordel ? »

« Rien »

« Arrête tes conneries si il y a quelqu’un qui peut t’écouter c’est moi ! »

« J’ai fait le con c’est tout, ai voulu t’oublier, y arrive pas »

 

J’ai du mal à le comprendre et lui tend un essuie tout

 

« Continu »

« Je suis tombé sur un connard c’est tout »

« C’est à dire Hugo ! »

« Il … J’ai flippé »

« QUOI BORDEL ? »

« RIEN ! On baisait, ce con c’est emballé, il s’est montré con, m’a fait mal »

 

Je soupire.

« Il t’a violé ? »

« Non c’était dans l’action … je ne suis qu’une merde »

« Arrête de dire de la merde, calme toi, reprends une cloppe »

 

Le silence revient, il se calme, j’allume ma cloppe à mon tour. J’ai les nerfs de le savoir se laisser aller avec des cons.

 

« Lionel ? »

« Oui ? »

« Je peux dormir là ? »

 

Je le sentais venir

 

« C’est ok, je vais te chercher un oreiller et une couverture »

 

Sa tête tombe, il est déçu.

 

« Ok »

« Je bosse demain, je ne vais pas rester long avec toi, on mange tranquille et on file dormir, ça ira ? »

« Lionel ? »

« Dis moi »

« Merci »

« Tu veux en parler ? »

« Non »

 

Il a à peine mangé. Je suis resté assez distant le reste de la soirée, j’arrêtais pas de me demander si c’était une excuse bidon où si ça avait été loin sa mauvaise rencontre.

Cette nuit là j’avais l’oreille tendue vers le salon. Le temps de comprendre, le réveil se mit à sonner. Le matin déjà.

J’entends la douche. Je m’installe au salon, il sort. Il est habillé, là je comprends que je viens de regagner son respect, ou qu’il est pas au mieux. Habituellement il aurait fait le fier en se baladant à poil pour m’attiser.

 

« Bonjour »

« Salut, bien dormi ? »

« J’aurais pu mieux, mais c’était cool merci. La douche est libre »

 

En ressortant de la salle de bain je le vois en train de reposer sa tasse en enfilant sa veste.

 

« Déjà parti ? »

« Oui »

 

Des larmes remontent dans ses yeux. Je craque.

 

« Hugo par pitié, qu’est ce que t’as ? »

« Rien mec, y a que je t’aime vraiment »

 

Il se barre. Je souffle un gros coup. J’ai l’impression qu’il se perd ce con. Je reconnais des états d’errance dans lequel j’étais plus jeune, je me dis que ça lui passera pour attaquer ma journée. Ca m’a remué de le revoir. Mon attirance pour lui a du mal à s’éteindre. Jamais je l’ai vu si fébrile … Quoiqu’en y repensant, avant qu’on soit ensemble il se mettait dans ce genre d’état. J’aimerais bien qu’il trouve sa paix. Le voir avec des larmes je déteste.

 

La journée passe au bureau, sans sourciller, je tiens le timing. Je reçois à nouveau un sms d’Hugo avec trois points de suspension. C’est ce que je lui envoyais quand j’avais juste une pensée pour lui.

 

Simon entre dans le bureau, je sursaute.

 

« Putain tu m’as fait peur »

« Désolé, les portes en verre c’est sinistre »

« Ca va ? »

« Ouai ça va, j’ai fini ma journée, tu décolles à quelle heure déjà ? »

« Dans une demie heure, je suis vanné »

« Je passe un autre soir si tu veux ? »

« Non c’est cool ça ira »

« Cool à tout à l’heure »

 

Il sourit et me glisse à nouveau un clin d’œil. Je me pince les lèvres entre elles. Pas moyen, ne veut pas devenir parano.

 

Une fois chez moi je lance la cuisson des pizzas et file sous la douche. Il arrive.

Il s'intalle, on attaque quelques bavardages. Les minutes ont beau tourner, je ne me sens pas à l’aise à mon tour. Je le trouve trop souriant. Je m’installe à côté de lui. Je vois ses yeux qui me fixent toujours quand il me parle. Trop fixe.

 

« Qu’est ce que t’as Lionel ? »

« Euh pardon j’étais dans mes pensées »

« Des soucis avec ton ex ?»

« Non des conneries, c’est juste … »

« Oui ? »

 

Je m’arrête, je commence à paniquer il me sourit, je crois qu’il a compris qu’il me trouble. Je me suis vendu comme un con en rougissant.

Je me lève histoire de faire semblant d’aller chercher un truc

 

« Lionel ? »

« Oui ? »

« Tu as peur que je te saute dessus ? »

« Quoi ?! »

« Arrête ! Tu me fuis depuis que je suis arrivé ! »

« Non je t’assure, je … suis juste ailleurs »

 

Je reviens avec un verre à ma place. Et voilà je savais que je me plantais pas, il me prend la main qui tient le verre, appuie avec l’autre sur la cuisse et penche le visage pour m’embrasser. Il s’arrête et me fixe, il est nerveux. Il recommence avec plus de force. Je sens sa langue, je le laisse la glisser en respirant profondément.

 

« Simon »

« Je sais »

« Mais qu’est ce que tu fais ? »

« Je t’embrasse »

« Je vois bien »

 

Il pose le verre, m’allonge et m’enlace.

 

« Tu devrais arrêter »

« Toi aussi alors »

 

On a passé près d’une heure comme ça à se regarder en s’embrassant. J’étais tellement excité que je sentais que je mouillais. D’ailleurs lui aussi.

On se met à chuchoter :

 

« Lionel tu me plais »

« Je vois ça »

« J’adore t’embrasser »

« Ouai mais … »

« Je sais je devrais pas »

« Ca devient compliqué là »

« Je sais pas pourquoi »

« De quoi ? »

« Que j’ai envie de toi comme ça »

« C’est depuis que je te l’ai dit ? »

« Oui et non »

« Bon »

« Je suis bien là »

« Tu vas me rendre dingue Simon »

« Toi aussi putain »

« Tu sais je suis pas un habitué »

« Et moi donc t’es le premier mec que je touche »

« Vraiment ? »

« Oui, c’est ton côté relax avec ça qui aide »

 

On reste silencieux. J’ose à peine laisser courir mes mains sur lui. En tout cas j’en sens assez pour savoir qu’il est sacrément bien fait.

On finit par se rassoir.

 

« Je ferais mieux de rentrer avant qu’elle se pose des questions »

« Ok »

« Ca reste entre nous »

« Détends toi, il s’est rien passé »

 

Il sourit et reprends ses affaires.

 

Je me suis allongé après sur mon lit en laissant tout en plan. Je ne savais pas si je devais être heureux ou pas. J’ai adoré. On n’a même pas diné la pizza.

 

Les jours suivant j’ai compris la peur que j’avais. Je le croise au boulot, il m’évite. Je n’essaye pas de le suivre ou de le croiser. Je me résigne. Le pire c’est que ça me fait chier.

Le week-end arrive enfin. Voilà, plus rien à faire. Je me rends compte après un thé vert le matin pas réveillé que je suis encore en train de devenir fou. Je regarde dans mon téléphone. Je vois le nom de Laura. Avant de rencontrer Delphine elle faisait partie des amies que je voyais pour sortir le soir. On adorait les soirées concert, mais y a de ça au moins 7 ans.

 

Je tapote son nom quand même. Un samedi à 10h30 y a mieux à faire …

 

« Allo ? »

« Laura c’est Lionel »

« Lionel … »

« Ben alors !! Ca fait loin mais tout de même !!! »

« Lionel !!!! Waaaaa ça remonte ça !!! »

« Oui !! »

 

Je sens le sourire remonter

 

« Comment tu vas ?!! »

« Pas très bien pour tout te dire et du coup en prenant mon téléphone histoire de bouger un peu je me suis arrêter sur toi »

« T’as de la chance que je l’ai encore !! Je suis trop contente !! »

 

J’entends un enfant derrière, je saisi de suite.

 

« C’est ma pitchoune !! Mariés et 2 enfants !! »

« Ah oui !! »

« Eh oui ! Tu es toujours à Paris ? »

« Pas toi ? »

 

Au fil de la conversation, j’ai appris qu’elle était maintenant à Rouen, qu’elle était sans boulot mais que son homme en gagnait assez. Elle me paru toujours aussi cool et ouverte. Quand je lui ai expliqué moi, c’était space. Elle a tout écouté sans sourciller.

2h plus tard j’avais la voiture et je décollais avec ma valise à Rouen.

 

Ca a été salvateur. Elle n’avait pas changé, bon ok j’exagère elle a pris des pattes d’oie.

Son mari était super ouvert et amusé de rencontré quelqu’un du passé de sa femme. Par contre les gosses étaient intenables. En se baladant du côté de Dieppe le dimanche elle m’a posé une question qui m’a un peu retourné :

 

« Au final, après toute ces années, tes aventures, tes expériences et ton recul Lionel … »

« Oui ? »

« N’étais tu pas mieux avec Delphine ? »

« Je ne sais plus Laura »

« Quoi qu’il en soit je suis contente que tu ai repris le contact »

« Moi aussi »

« Tu as vu la maison, elle est immense, quand à mon mari il t’apprécie »

« Parce qu’il ne sait rien de tout ce que je te raconte »

« Faux, je lui ai tout expliqué hier soir »

« Ah oui ?! »

« Bien sûr, on est pas si différents d’avant, je ne serais pas resté avec un con Lionel !! Tu es le bienvenu, le temps de te remettre, Paris n’est pas loin et moi j’adore refaire le monde avec toi »

« J’ai pas envie d’abuser »

« Fait le c’est tout, je sais que c’est pas bon d’être trop seul, puis pour Romu et Hélène, ils reviendront, je me souviens d’eux »

 

En rentrant en voiture je me suis dit qu’il n’y avait pas mort d’homme dans toutes ces affaires et que je ferais mieux d’arrêter de réfléchir seul comme un con.

 

Les jours qui suivirent cette escapade m’ont paru bien plus faciles.

 

Le mercredi se pointa pourtant.

 

De nouveau je vis Simon entrer dans le bureau.

 

« Salut »

« Salut »

« On se fait notre soirée ? »

« Je sais pas Simon »

« Pourquoi ? »

« Parce que c’est pas très sain peut être » 

 

Je vois son visage se fermer.

 

« Simon … on reste pas une heure à rouler des pelles à un pote ! »

« Ouai »

« Simon je sais pas quoi te dire »

« Je viens ce soir à 20h s’il te plaît »

« Ok »

 

Je tourne mon fauteuil une fois qu’il est sorti et souffle un coup. Il va falloir que j’apprenne à dire non. Je n’ai pas arrêté de penser à lui et ses charmes de métissé martiniquais.

 

En ouvrant la porte ce soir là il était tout penaud.

 

« Ca va ? »

« Mouai, je m’en veux »

« Ben écoute c’est cool au moins tu sais en parler Simon »

« Oui t’as raison »

 

Je lui sert un verre du vin que je viens de déboucher

 

« Ecoute Simon, je t’aime bien mec, souris, ça vaut pas la peine de dramatiser »

« Cool, parce que j’avais un peu les boules avant de venir »

 

Son sourire revient et ce soir là je me suis mis à discuter sérieusement avec lui.

 

« Alors qu’est ce que tu m’as fait à plus me parler pendant une semaine »

« Ben j’arrêtais pas de me dire que si je te voyais que ça se verrait »

« Tu trouves que je l’affiche ? »

« Non du tout, mais peur que ça se sache »

« Je vois, pourtant t’es venu tout à l’heure »

« Ben j’avais envie »

« Bon et tout roule au final ! »

« Tu trouves ? »

« Oh moi depuis tout ce que j’ai fait depuis le départ de Delphine maintenant … »

« Ouai mais ça a pas l’air de te tourmenter »

« Ben j’ai pas d’enfant, et je ne suis pas marié »

« Toi tu sais faire mal »

« Ben y a de ça quand même, met toi aussi à ma place »

« Elle est en train de demander le divorce »

 

Là d’un coup j’ai pris peur, je sais pas pourquoi, je me disais que sa situation me préservait. Je regardais le vin dans mon verre en me demandant comment enchaîner.

 

« T’as l’air étonné, je t’avais dit que ça n’allait plus »

« Oui c’est vrai »

« Qu’est ce qu’il y a Lionel ? »

« Ben y a que je t’aime bien Simon »

 

Il me sourit et commence à s’approcher

 

« Non Simon »

« Quoi ? »

« Non, j’en crève d’envie mais non »

« Pourquoi ? »

« Ben parce que je me dis que de me laisser aller comme un con m’a rapporté que de la merde ces derniers temps, je suis désolé »

« Je croyais que »

« Tu croyais bien, c’est juste que je me suis foutu assez en l’air ces derniers temps, j’en ai marre de me ramasser la gueule dans une vie qui ne ressemble plus à rien. Tu sais ce qui me manque depuis Delphine ? »

« Vas y »

« La complicité, le côté tranquille »

« Ben la complicité on l’a ? »

« Simon »

« Je sais mec, j’avais pas prévu, le truc c’est que j’aime bien avec toi »

« Ecoute, on arrête de se prendre la tête, on se matte un film »

 

La soirée a fini comme ça. Il s’est rapproché, on s’est foutu l’un contre l’autre, et rien de plus.

Il reparti vers les 1h du matin.

 

Depuis je n’ai plus de news.

 

Jamais je pensais que je me perdrais comme ça dans ma tête. C’est hallucinant la vitesse où s’enchaînent les choses. J’ai hésité à retourner ce week-end chez Laura. Au final, je me suis fait un ciné, bu un café tout seul pour réfléchir, acheté quelques fringues. Je n’ai plus de nouvelles d’Hugo. Je ne regrette pas d’avoir stoppé Simon. Je suis même vachement fier ! Ca devient trop le bordel. Delphine me manque. Je sais pas pourquoi, j’ai envie de la voir, de lui parler.

Cette après midi je vais continuer à me vider la tête en allant me refaire un ciné. Contagion, ce n’est pas ça qui va me remonter le moral !!

 

 

Par SoLivingRoom - Publié dans : Journal de bord - Communauté : Hétéro-friendly
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Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 19:06

Et bien que  de temps depuis ma dernière visite. Mon périple à Lyon a été une merveille. Cette ville est magnifique.

Beaucoup de boulot en perspective. C’est surtout cela d’ailleurs qui m’a retenu.

Le lundi suivant mes derniers écrits j’ai préparé tranquillement mes réunions.

Hugo m’a envoyé quelques sms :

 

« Lionel, je veux pas croire qu’on s’arrête là »

« Tu me manques connard »

.

.

.

 

J’ai refusé de répondre à tout ça. J’en ai assez de m’enliser.

 

Le mardi je m’installai dans le train à côté de Simon. Il me fait rire ce con. Il a toujours le sourire.

Dans le train il m’a expliqué sa vision des choses, et a commencé à me parler de sa vie.

Le soir à l’hôtel, je me suis écroulé comme une masse. Une telle fatigue que j’en ai coupé le portable.

 

Le lendemain matin j’ai retrouvé Simon pour le petit dèj.

 

« Lionel ? »

« Oui ? »

« Tu as vraiment la gueule dans le cul le matin toi »

« Grave »

« Ce soir ca te dirait une visite de Lyon ? »

« Ok »

 

Après 8h de blabla j’étais bien heureux de me retrouver avec lui a chercher un resto ; Comme je disais, la ville est vraiment sympa. On s’est arrêté dans des rues remplies de resto et devant mon enthousiasme, il a décidé qu’on ferait simple avec un Mac-Do en rue et une bière dans un pub.

En semaine il n’y avait pas grand monde. Et là les bières aidant on s’est mis a vraiment parler.

 

« Lionel t’as l’air loin »

« Oui, je suis un peu crevé ces temps ci »

« C’est pareil, j’ai un gosse d’un an et ca crève, être ici ça m’aide à reprendre mon souffle »

« Et alors ça ne te stress pas quand tu regardes tout le chemin qu’il te reste à faire ? »

« Non, et toi t’en es où ? »

« Dans ma vie ? »

« Oui tu parles pas énormément de toi »

« Ben je vis seul, grosse rupture cet été »

« Et ? »

« Et quoi ? »

« Ca va mieux ? »

 

Je souris

 

« Non Simon, je suis en mode perdu ces temps ci, mais rien de grave »

« Et ça donne quoi ? »

« Des conneries … »

 

Et là j’ai commencé à parler zen. 2h après on était sur le chemin de l’hôtel.

 

Le réveil fût encore dur. Simon lui toujours la patate.  Les réunions m’ont ennuyé au plus haut. J’étais heureux de repartir pour Paris.

 

La fin de semaine a été monotone. Hugo m’a demandé de boire un verre avec lui. J’ai refusé et plus répondu aux autres messages.

 

La deuxième semaine arrivant, je me disais combien je m’ennuyais. Refusant cet ennui. J’ai décidé de prendre le temps de refaire du rangement dans l’appart. J’ai commencé à changer un tas d’appareil vieillissant comme le fer à repasser, les batteries des téléphones de maison, des draps … oui des draps, des fois vaut mieux les changer que de les regarder en pensant à je ne sais quelles conneries.

 

Plein de fois je me suis surpris assis chez moi en train de sortir d’un état second. Je ne me souvenais pas de ce qui occupait mes pensées et je reprenais conscience d’être en train de fumer un cigarette assis chez moi. C’est étrange comme sensation.

 

Simon appelle pour boire un verre un soir. On est vendredi. Le week-end est là déjà.

 

En arrivant je pensais tomber sur une partie des collègues qui étaient là lors de la dernière soirée. Quenini, il est seul.

 

« Ben y a personne ? »

 

Lui toujours large sourire :

 

« Ben non tu pensais voir qui ? »

« Ben les autres avec qui tu étais la dernière soirée boulot en fait »

« Non tu n’y es pas du tout, je te le disais j’ai une vie plan plan »

« Pas grave, excuse »

 

Je vois qu’il est gêné

 

« Simon ça va ? »

« Oui, je me suis dit que ça serait cool de prendre le temps d’un verre, je suis pas très proche des collègues normalement, toi t’es cool, t’es pas dans les histoire de la boîte »

« C’est peut être pour ça que j’y suis encore »

« Qu’est ce qu’on fait ? »

 

Comme nous étions pas loin de chez moi je commençais à avoir l’esprit qui bloquait sur lui en me demandant si je le ramenais à l’appart.

 

« Tu voulais aller quelque part de particulier ? »

« Non juste respirer un soir »

« Toi tu as beau sourire ça va pas si fort que ça »

« Si, juste qu’avec l’enfant c’est hyper tendu »

« Allez on va chez moi »

« T’es sûr ? T’avais peut être envie de sortir toi ? »

« En toute honnêteté je m’en fous, alors ça te dit ? »

 

Et nous voici chez moi, en train de sortir des bières du frigo. Je ne le sens pas très détendu. J’essaye de casser l’ambiance.

 

« Simon ? »

« Oui ? »

« Tu vas te détendre mec ? On est chez moi, une bière, la téloch et une pizza en commande »

« Je ne suis pas tendu »

« Si crois moi, tu veux quelques choses avec ta bière ? »

« Bon ok je suis tendu, je te remercie de bien vouloir de moi ce soir sérieux »

« Pourquoi ? »

« On ne fait que s’engueuler à la maison depuis 6 mois »

« Je pourrais pas faire grand chose, mais tu es le bienvenu, je vais même dire mieux, ça me fait du bien aussi »

 

1 h après, il m’a expliqué que l’enfant est arrivé à un moment où leur histoire était censée prendre fin. Et une pizza bouffée ensuite, on commençait à rire comme deux vieux potes et l’envie de m’épancher arriva à mon tour.

 

« Et toi Lionel ? »

« Ben Delphine,  c’est moi qui y a mis fin. Pourtant on était bien ensemble. Elle est cool, mais j’avais rencontré quelqu’un d’autre »

 

J’ai envie de lui dire, mais j’hésite. Le fait qu’il bosse avec moi peut être

 

« Et donc ? »

« Ca n’a rien donné, deux gros mois pour comprendre que ça n’allait pas »

« C’est con »

« C’est la vie »

« Et elle comment elle l’a pris ? »

« Ben … »

« Quoi ? »

« C’était un mec Simon »

 

Je lis dans ses yeux une petite surprise et il sourit

 

« T’as le droit d’être étonné Simon »

« Non non, aucun souci pour moi »

« J’ai pas l’habitude de me livrer comme ça »

« Non mais je sais pas, c’est pas un problème pour moi »

« Evite de parler de tout ça au boulot s’il te plaît »

« Là c’est toi qui est tendu Lionel »

« Oui carrément je crois »

« Puis si je devais en parler ça mettrait le doute sur moi aussi »

 

Il rit

 

« Sérieux ça fait du bien je te remercie, content de te connaître un peu plus »

« Je me rends compte comme on ne te connais pas bien dans la boîte »

« Ca fait un moment que j’y suis »

« Oui, moi deux ans »

 

Le reste de la soirée a été qu’anecdotes de vie.

 

Quand j’ai refermé la porte de l’appart j’étais rongé de lui avoir tant parlé.

 

Pourtant je le revois ce lundi sans pont et toujours la même chaleur. Je crois que je me suis fait un ami tout simplement.

 

« Lionel ? »

« Oui ? »

« Ca te dit une sortie mercredi soir ? »

« Oui , ça va quand même chez toi ? »

« Bof. Mais t’en fais pas »

« Quelque part de prévu ? »

« Non, j’aimerais la même soirée que la dernière fois, j’apporterais les pizzas »

 

Il me fait un clin d’œil avec son énorme sourire. Là j’y pense de plus en plus. Et je réalise comme je vais devoir à nouveau me poser un tas de questions. Du temps où j’étais en couple avec Delphine, les rapports avec les gens étaient bien plus simple à appréhender.

 

Maintenant j’ai des petites peurs de jugements, pas envie d’être le mec seul qui déprime, ou qui soit la 5ème roue du carrosse où je ne sais quelle oreille juste bonne à écouter.

En écrivant ça je me rends compte comme je suis froid.

C’est vrai. Je vois son clin d’œil comme un doute de drague alors qu’il est hétéro.

Au fond il m’attire. Faut dire qu’avec son sourire constant, son corps franchement bien fait et sa peau mat, crâne rasé … il a de quoi plaire.

Ce jour férié, j’ai encore fini de trier plein d’affaires. Je me sentais au calme mais seul. Et du coup je pensais encore plus à Simon. Hugo, lui s’est lassé apparemment.

 

Je ne vois qu’une solution en prenant le temps de me poser là pour écrire ça :

 

D’arrêter de ressasser Hugo, d’éviter de fantasmer sur Simon en continuant à me branler en solo, et surtout commencer à envisager quelqu’un de nouveau. Des sites de rencontres ? Ce soir je testerais.

 

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Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 20:40

Dimanche, tout se passe bien. Réveil paisible. Je m’étonne à rester dans le lit et à regarder la lumière traverser les rideaux.

Je repense à tout ça. Il me manque. Si j’avais tourné la conversation, je serais en train de le regarder nu en train de dormir à côté.

Soudain je regarde un cadre photo avec arbre dedans. C’est une photo de Delphine … Qu’est ce qu’elle devient elle ? Bien plus longtemps avec elle mais une rupture bien moins compliquée quelque part.

Je repense à Hugo à nouveau, et comment il a agit la dernière, je suis encore énervé à y repenser, pourtant je me surprends à bander.

 

Je fini par me lever, enfilant un malheureux caleçon qui n’attend qu’une chose, que ça dégonfle.

 

J’allume le pc, me fait un thé et m’allume une cigarette. Maintenant le téléphone. Ca vibre.

 

Message d’Hugo, il a l’air calme :

 

« J’arrive pas à croire que tu as fermé ton phone … je sais pas … j’ai l’impression que tu me lâche Lionel … j’ai envie de venir mais je sais que tu feras style je suis pas là »

 

Deuxième message :

 

« Allez, me laisse pas … je sais que je n’aurais pas dû péter la gueule à Romu, mais je déteste me faire enfler … Puis merde … savoir qu’un autre mec t’as touché … ça me fout les boules … »

 

Troisième message :

 

J’ai envie de toi, tu me manques … Je t’aime connard … Je t’aime … Je t’aime …

 

Quatrième message :

 

Rappel moi demain s’il te plaît.

 

On est demain, mais je ne sais pas si je vais le faire. Pour quoi faire. En plus, à force d’entendre un tas de truc d’un tas de gens je crois que je commence à me blazer. Des années d’une vie couple exemplaire, une explosion en quelques semaines … et je suis déjà saoulé. Au final je reste toujours un solitaire.

 

Je sors, il fait un peu froid. Il est 11h. Et là je vois Hugo de très loin. Je reconnais sa démarche. Je change de rue. Mais qu’est ce que je fous, je change de rue ! Rien à foutre, envie d’un dimanche tranquille.

 

Je m’installe dans un café, me fait servir un double avec croissant. Je commence à lire la presse. Le temps passe zen. Je prends mon téléphone, 3 appels manqués, et un message.

 

« Appel moi sérieux »

 

Je réfléchis, je regarde mon paquet de cigarette, j’en ai encore une dizaine. Allons y rappelons le.

 

« Ca y est tu rappelles enfin »

« Salut Hugo »

« Salut »

« Je suis dans le square depuis 1h »

« Pour ? »

« Pour te voir tu le sais »

« Arrête Hugo »

« Non pas comme ça, fait ce que tu veux mais pas comme ça »

« Tu veux quoi alors ? »

« Tu m’as toujours dit qu’il fallait savoir parler alors je veux parler »

« Ok j’arrive, je te rends ta montre »

 

En arrivant je ne le vois pas dans le square, j’avance vers l’appart, il est devant.

 

« Coucou »

« Salut »

 

Je m’avance pour entrer dans l’appart et lui rapporter sa montre. Mais l’air de rien je suis encore bien bloqué par sa beauté.

 

« Attends moi là »

« Tu déconnes ? »

« Non »

« Ouaaa, toi tu sais faire mal »

« Arrête, on va aller bouffer ensemble vu l’heure de toute manière »

 

Il se colle à moi. Et me chuchote à l’oreille : « Laisse moi entrer »

 

« Arrête Hugo, me fait pas regretter de t’avoir déjà laissé entrer une première fois dans ma vie mec »

« … »

« Attends là »

 

20 mn après nous voilà assis dans un mc do.

 

« Alors ? »

« Quoi ? »

« C’est fini ? »

« Hugo, c’est mal barré »

« Je sais que tu as envie de moi quand tu me regardes »

« C’est vrai »

« Ben alors quoi ? »

« Ca marche pas comme ça »

« Ca marche comment ? »

« Avec plus de complicité »

« Je te connais bien »

« Tu fonctionnes trop au conflit, on a pas de complicité »

« Tu te rends compte que tu m’as fait cocu alors que j’avais décidé d’emménager avec toi ? »

« Calme toi »

« Arrête Lionel, je sais que je m’y prend mal. Moi je t’aime et j’ai morflé sérieux »

« Mais pourquoi tu te la joues toujours aussi direct ? »

« Ben c’est que … »

« Sérieux Hugo ? J’ai vu le mec sensible en toi quand t’étais avec Olivier, et toi, tu te caches derrière je ne sais quel truc »

« J’en sais rien »

« Si je t’ai dit que tu étais cocu c’est pour être des plus francs avec toi, pas pour te blesser volontairement !»

« Ouais mais ça m’a rendu dingue »

« Arrête de faire bondir tes cuisses, on dirait que t’es hyper nerveux »

« Je le suis »

« Ecoute, je sais pas comment tu fonctionnais avec les autres mais je ne suis pas du tempérament à être traiter comme tu le fais »

« N’empêche que »

« N’empêche que quoi ? »

« Tu m’aimes »

« Mais oui »

« Faut qu’on passe la dessus »

« Je pense pas »

« Quoi ! »

« Hugo »

« J’ai même plus envie de bouffer, c’est toi qui ne capte pas comme je suis accro »

« Ok, on va marcher, tu veux bien ? »

« Où ? »

« S’il te plaît »

 

En marchant je le sens moins nerveux.

 

« Lionel, ça me fait chier tout ça »

« Ben moi aussi »

« J’ai du mal à comprendre tout ça »

« Parle moi »

« J’ai bien vu que par moment j’étais pas dans ton trip, mais par d’autre j’ai l’impression que tu aimais »

« Je te suis pas »

« On s’entend bien, on ri ensemble »

« Je suis juste un peu claqué de tout ça, j’ai fait le con, j’ai perdu un de mes meilleurs potes, une amie au passage. Toi t’es capable de me lâcher du jour au lendemain, et après ce que j’ai fait c’est normal »

« Donc ? »

« Donc je suis fatigué, je t’aime et j’ai toujours envie de toi, mais là j’arrête »

« Et moi ? »

« Ben j’espère que tu m’aimes encore assez pour me laisser prendre l’air »

« Je vois »

 

Il marche les mains dans les poches. Un silence s’installe avant qu’il reprenne :

 

« Lionel »

« Oui ? » 

« J’aime pas ma vie non plus »

« Oui mais je sais pas m’y prendre pour te tranquilliser »

« Si je suis bien avec toi »

« Oui on bossait surtout les trois quart du temps »

« … »

« Hugo ? »

« Veut pas te perdre de vue »

« Ca marche »

« Autre chose ? »

« Mes excuses pour Romu »

« Moi aussi, mes excuses pour Romu »

« Qu’est ce qu’on fait ? »

« Je vais me rentrer »

« Allons y »

 

En chemin, il y a de long silence qui s’installe comme si nous avions assez parlé. ON arrive près de chez lui.

 

« Allez viens chez moi »

« Non Hugo, tu sais qu’on va déraper »

« Ben oui je sais »

 

20 mn plus tard, je descendais son pantalon sur ses chevilles et goûtait au ravissement de son fessier  sous ma langue dans son studio.  Je lui ai fait l’amour le plus tendrement possible, comme ce premier soir où il me l’a fait connaître. Je le sentais tellement bien, tellement à moi. Je l’entends encore se retenir. Son orteil sur ma langue pendant l’acte l’a toujours fait tressaillir.

 

Vers 17h, je rentre seul, je me douche. Je repense à ce baiser d’au revoir. De le voir les yeux mouiller, il a réussi à me faire mouiller les miens. Mais je rentre léger de l’avoir revu, qu’on est fait l’amour et qu’on se laisse sans rancune.

 

C’est space la fin d’une histoire. Ya vraiment un vide dur à percuter. Je décide d’écrire ça, de prendre un bouquin et de m’enfoncer dans mon lit. Juste envie d’être au chaud. J’ai froid.  Vous savez ce qu’il me manque, un peu de famille, un peu de potes. Je me sens seul. Marre des gens en même temps. Je me sens con d’être seul. En même temps ça doit être de ma faute. Pourtant j’ai l’impression d’être honnête avec moi même, de ne pas choisir des compagnies par complaisance.

Et si je changeais d’appart …

 

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Samedi 15 octobre 2011 6 15 /10 /Oct /2011 20:09

Une nouvelle semaine avec le temps long. J’ai eu plusieurs fois des appels d’Hugo sans qu’il me parle. Il raccroche dés que je lui demande de me parler.

C’est comme s’il voulait me faire comprendre qu’il ne m’oublie pas mais que ça ne passe pas.

Comme je suis maintenant convaincu avec le temps d’être un mauvais communiquant, je préfère me taire et attendre.

 

La semaine passe tranquillement, et maussadement.

 

Mercredi  soir arrive, et là j’apprends qu’il va falloir que je me tape encore une réunion de trois jours la semaines prochaines loin de Paris pour rejoindre Lyon. Pas cool. Mais bon au final, c’est peut être un bon moyen de prendre l’air.

 

En refermant la porte de mon appartement ce soir là mes narines ont détecté directement une odeur de tabac fraiche dans l’appart.

 

Je pose mon sac et avance dans la pièce principale.

 

Hugo est là. Je suis saisi et je n’ose pas avancer. Je me donne l’ordre de me taire.

Il me fixe avec son regard noir. Il écrase ça cloppe.

 

« C’est tout ce que tu dis ? »

« … »

 

Je décide d’avancer et de m’asseoir dans le fauteuil d’en face, je cherche mes cigarettes. Une voix dans ma tête me dit de rester calme et de ne pas commencer à m’emballer.

 

« Ok Lionel »

« … »

 

J’essaye de le regarder le plus calmement du monde

 

« Est ce que ça va ? »

« Bof »

« Pareil pour moi »

« Café ? »

« Non »

 

Je commence à prendre le chemin de la machine à café. Il se lève et tourne un peu dans la pièce. Quand je me retourne il me fait face.

Il m’enlève les lunettes de repos que j’ai du mal à quitter en ce moment.

 

« Qu’est ce que tu fais Hugo ? »

« A ton avis ? »

 

Il commence à m’embrasser. Je suis si excité de le sentir à nouveau.

 

« J’aimerais parler un peu Hugo … »

« Surtout pas »

Il continu de m’embrasser. Il a l’air énervé.

 

« Hugo ? »

« Laisse moi faire »

 

Il ne me fait pas l’amour, il est autoritaire. J’essaye de reprendre le dessus mais à chaque fois dans l’acte il me répète de me laisser faire.

Je suis troublé mais malgré ça j’avoue qu’en le fixant pendant l’acte je prends un pied total.

 

Sentir à nouveau l’odeur de sa peau, son parfum, sa pilosité sur mes mains.

Ca dure, on a chaud. On finit tous les deux allongés sur le canapé. Moi en train de reprendre mon souffle et lui en train de fixer le plafond.

 

D’un coup il se lève. Il commence à se rhabiller.

 

Je commence à comprendre qu’il s’en va et qu’il a passé une envie.

 

« Tu te casses c’est ça ? »

« Ouais »

« T’es pressé ? »

« Ouais, tiens, je te rends tes clefs »

 

Là je me sens au plus mal

 

« Qu’est ce qui te prend Hugo ? »

« Rien, fais pas chier »

« Maintenant j’ai les clefs !! Casse toi ! »

 

Je suis qu’une merde, comment j’ai pu le laisser faire. Mais qu’est ce que je suis con.

 

Je fonce dans la salle de bain et lance une douche pendant qu’il finit de prendre ses affaires. Je ne veux pas le voir partir.

 

Je m’assois en sentant encore ce que l’on a fait en moi. Mes larmes montent. Je bouche mes oreilles. J’entends quand même la porte se refermer.

 

En sortant je me sens pas le courage de retourner dans la pièce de vie. Mais j’ai faim quand même.

 

Je regarde la pièce et je soupire.

 

Ce con a oublié sa montre. Fallait pas que ça soit trop facile pour moi surtout. Je me sens mal et putain j’ai aimé ça en plus. Je ne  veux plus le voir.

 

J’enfile des fringues, remets de l’ordre dans la pièce.

 

J’appelle un collègue, autant passer la soirée en compagnie de gens normaux.

 

Jeudi je me rends compte que j’ai super bien fait. Pour une fois que je participe à une soirée collègue.

Ils ont été étonner que je dise oui comme ça à la dernière minutes. On s’est fait un bon resto et j’ai pu discuter et connaître un peu plus avec Simon, le mec qui m’accompagnera à Lyon.

 

En rentrant j’ai vu qu’Hugo a essayé de m’appeler. Quel con.

 

La semaine s’est terminée péniblement. Sauf au boulot, ils ont vachement apprécié ma présence. Du coup ils s’approchent de moi. J’ai toujours été dans ma bulle au boulot pour être sûr de ne pas finir mes jours avec des cons. Mais là j’avoue qu’ils sont plutôt cool. Simon que je ne côtoyais pas, me plaît pas mal en plus. C’est un mec typé guadeloupéen, très souriant.

 

Aujourd’hui samedi, je n’ai rien fait d’autre que rester seul et regarder la téloch.

Hugo appelle à 15h.

 

« Allo ? »

« Salut, j’ai oublié ma montre chez toi »

« Oui je l’ai, je te la rendrai courant de la semaine prochaine dans ta boîte aux lettres »

« Je peux passer si tu veux »

« Non »

 

Je suis hors de moi encore

 

« He Lionel ! Je te rappelle que ce n’est pas moi qui ai fait le con !! »

« Non c’est moi pour me retrouver avec ta montre chez moi »

« Ok »

« Autre chose ? »

« Non »

« Bonne journée alors »

« Attends »

« Quoi ? »

« Ne raccroche pas comme ça »

« Comme quoi Hugo ? »

« Ok, je n’aurais pas dû me comporter comme ça »

« Arrête Hugo, t’as toujours été comme ça, c’est sans surprise, c’est moi qui suit con, tu auras ta montre la semaine prochaine »

« PUTAIN MAIS JE TE KIFFE »

« Moi je kiffe plus rien Hugo, je suis crevé et seul dans ma vie de merde, alors fous moi la paix maintenant »

 

Je l’entends serrer ses dents et s’énerver larmoyant. Je reprends la parole.

 

« Arrête Hugo »

« T’es con putain »

« Je m’excuse du mal que je t’ai fait, je suis sincère, mais maintenant j’ai vraiment envie de me retrouver »

« Il est où le mec qui me disait qu’il m’aimait dans la rue ? »

« Il est là au bout de la ligne »

« Je t’aime Lionel merde »

« Non, jamais quelqu’un qui m’aime m’aurait baisé et balancé des clefs dans la gueule »

« Je sais que … »

« TU SAIS QUOI HUGO ? M’ECOUTER T’AVOUER QUE JE T’AI FAIT COCU ALORS QUE J’AVOUE TOUT ET QUE TU ME LACHES SANS FAIRE FACE A MA CONNERIE ? NON.

 

PETER LA GUEULE A ROMU CA OUI ! C’EST A MOI QUE T’AURAIS DU T’ATTAQUER.

QUOI D’AUTRE ? »

« T’ES CHIER ! »

 

Gros silence.

 

« Hugo, je regrette. Je t’aime, mais ça marche pas à l’évidence »

« Merde … »

« Je sais »

« Je veux venir … »

« Tu es toi même parti d’ici »

« Lionel, je sais pas y faire, mais mec, tu me manques »

« Idem »

« Viens boire un verre au moins »

« Non »

« Pourquoi merde !! »

« Parce qu’il faut arrêter les dégâts »

 

Je raccroche.

 

Espérons maintenant que le reste de ce week-end se passe zen. Ce soir c’est pizza coca.

 

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  • J'ai 30 ans, je suis pas très à l'aise à parler de moi. D'où ce blog, où j'ai l'impression de m'y lâcher. C'est peut être pour ça que j'écris au présent, histoire de pas me laisser ralentir dans ma réflexion par la concordance des temps.

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